AMADOU PAPA DIOP : TIC et développement en Afrique : approche critique d’initiatives et enjeux

AMADOU PAPA DIOP : TIC et développement en Afrique : approche critique d’initiatives et enjeux

À la faveur de la démocratisation des équipements informatiques et d’Internet au cours des années 1990, les techniques de l’information et de la commu

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À la faveur de la démocratisation des équipements informatiques et d’Internet au cours des années 1990, les techniques de l’information et de la communication (TIC) ont été présentées (et le sont toujours) comme la passerelle que des pays pauvres comme ceux d’Afrique devraient emprunter pour impulser leur développement. Cette approche a alimenté une large production discursive afin de promouvoir ces dispositifs, et cela est en partie motivé par des stratégies capitalistes visant la conquête de marchés nouveaux.

De plus, le déploiement des infrastructures TIC en Afrique crée des disparités entre pays et à l’intérieur d’un même pays, allant ainsi à l’encontre des discours présentant ces TIC comme la panacée du développement.

Par ailleurs, les stratégies capitalistes dans le secteur des télécommunications en Afrique font face à des résistances venant notamment de syndicats, d’associations de consommateurs, de militants de logiciels libres, même si les multinationales usent de lobbying pour passer outre ces réactions.

Depuis le développement d’Internet grand public et la vulgarisation croissante des équipements multimédias au cours des années 1990, les techniques de l’information et de la communication (TIC) sont présentées par des équipementiers, des opérateurs de services et des dirigeants politiques, comme étant une opportunité que l’Afrique devrait saisir pour impulser son développement. Annie Chéneau-Loquay1 affirme que tous les grands organismes de l’ONU ou de coopération régionale ont revu leurs politiques sous l’angle d’une priorité à accorder aux TIC.

Selon elle, des réseaux de communications corrects, une connectivité à Internet et des contenus innovants sont déclarés comme cruciaux pour le développement de l’Afrique. Cette capacité octroyée aux TIC, qui leur permettrait d’engendrer le développement, est cependant critiquable, car, comme le note Fabien Cishahayo2 dans sa thèse de doctorat, « les NTIC sont aussi en train de modifier les termes dans lesquels se posait la question des changements socio-économiques dans les pays en développement. L’omniprésence du brouhaha des marchands du temple […] rend cependant malaisée toute tentative d’appréhension critique de la nature des nouveaux outils et de leurs usages. » Cette appréhension critique est pourtant nécessaire.

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