La Crise socio-politique au Mali :  Quelles conséquences pour les investissements ?

La Crise socio-politique au Mali : Quelles conséquences pour les investissements ?

  A l'instar de la communauté internationale, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a procédé à une condamnation

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A l’instar de la communauté internationale, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a procédé à une condamnation de principe du putsch du 18 août 2020 qui a conduit à la démission du Président Ibrahim Boubacar Keita au Mali après des mois de tension socio-politique.

Cette condamnation a eu pour conséquence la mise sous embargo du Mali, la fermeture de toutes les frontières communes avec les pays de la CEDEAO et la suspension des flux financiers entre le Mali et les pays de la CEDEAO. L’’impact de cet embargo sur un pays enclavé, comme le Mali, sans accès direct à un port maritime et qui est fortement dépendant des importations, pourrait constituer un coup de frein pour l’économie nationale.

Lors d’une réunion extraordinaire des Chefs d’Etat, la CEDEAO a assoupli sa position en décidant que les denrées de première nécessité, les produits pharmaceutiques et          pétroliers ne sont pas concernés par l’embargo.                                                                                                       .

Selon M.Alhassane Soukouna Avocat au Barreau du Mali :  « Cette crise réduira l’engouement des investisseurs qui se préparaient à venir investir au Mali.  Certains d’entre eux pourraient reporter leurs projets en raison de l’insécurité juridique et de l’incertitude qui y prévalent en attendant d’avoir une meilleure visibilité de la situation socio-politique ».

Toutefois, la réaction des investisseurs sera probablement différente en ce qui concerne les projets structurants, les investissements financiers étant réalisés à un stade plus précoce, il peut en être raisonnablement déduit que ces projets en cours notamment dans les domaines de l’énergie, des mines et des infrastructures devraient se poursuivre malgré la crise.

Il convient de rappeler que les difficultés économiques résultant de l’embargo de la CEDEAO après le putsch de 2012, ont pu être surmontées par le pays. Cet embargo avait entraîné des difficultés relatives notamment au paiement des fonctionnaires, à l’approvisionnement pour la population locale en carburant, ainsi qu’à des problèmes de disponibilité de liquidité en raison du plafonnement du montant des retraits par les banques locales.

L’embargo qui avait duré 10 jours a finalement été levé suite à la signature d’un accord-cadre par la junte qui a consacré entre autres le rétablissement de l’ordre constitutionnel et la nomination d’un Président intérimaire civil pour diriger la transition.

Il est important de souligner qu’en dépit de son enclavement, le Mali bénéficie d’une position stratégique qui en fait une plaque tournante économique en raison de ses échanges avec les autres pays de la sous-région.

« Il faut également rappeler que le Mali a fait preuve d’une forte résilience malgré les différentes crises qu’il traverse depuis 2012, en maintenant une croissance du PIB autour de 5% au cours des 3 dernières années. Cette croissance devrait être de l’ordre de 4,9% en 2020 en raison de la crise COVID 19 selon les prévisions de la Banque mondiale. Il n’est néanmoins pas exclu que ces prévisions évoluent à la baisse au regard de la situation actuelle du pays » dixit M.Alhassane Soukouna .

Les citoyens Maliens et les partenaires du Mali ont désormais les yeux tournés vers la junte pour voir dans quelle direction elle souhaite mener le bateau Mali et les attentes sont nombreuses dans un contexte de crise multiforme. La publication d’une feuille de route claire annonçant la passation du pouvoir aux civils dans un bref délai et l’organisation d’élections transparentes et démocratiques seraient un préalable, tant le souvenir du coup d’Etat de 2012 est encore frais dans les mémoires.

Rokia Diawara

Journaliste Kingui Actu

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