La femme africaine l’atout leadership de son continent

Que veut dire le leadership féminin ? quelles sont les spécificités du leadership féminin africain ? Depuis presque plusieurs années, notre monde t

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Que veut dire le leadership féminin ? quelles sont les spécificités du leadership féminin africain ?

Depuis presque plusieurs années, notre monde traverse une période très particulière ; certains diront de transition, d’autres clameront la rupture.

La naissance de la mondialisation, l’avènement du web puis l’occurrence de la crise sanitaire ont profondément modifié l’évolution de nos sociétés et de nos entreprises, et avec elles nos modes de gestion et nos postures de leaders.

L’Afrique continent de référence a vécu ses changements de manière très paradoxale mais non moins originale , passant d’une posture de spectateur à celle d’acteur en un temps réduit et en usant de faibles moyens du bord.

Si l’histoire raconte que ce continent a pendant longtemps subi, il a aussi démontré qu’il savait surprendre !

Tout ou presque a été écrit sur les maux de Mama Africa, esclavage, colonisation, vol des richesses, surexploitation, guerres , sous-développement, dépendance économique entretenue , néocolonialisme créatif normé et normalisé , endettement cyclique , instabilité politique installée , corruption banalisée , ingérence plaidée ,  mais qui aura le courage  de lui donner la parole pour qu’elle s’exprime avec ses propres mots ?

Qu’elle nous dise enfin son secret pour rester malgré tout cela debout.

En effet, et aussi nombreuses et diverses que le sont les mutations actuelles, nos sociétés africaines ont toujours su s’adapter au changement.

Il fut de même pour la vague digitale, face à laquelle nos entreprises se sont réinventées avec leurs propres codes et se sont appropriées leur modèle d’innovation et de gestion.

Vous l’aurez compris, à ce stade de la réflexion, deux aspects de notre progression continentale sont questionnés, le leadership et la gouvernance à l’africaine.

Parmi les réponses que l’on peut d’ores et déjà avancer apparait celle de la mobilisation du potentiel humain en général et du féminin en particulier.

À mon sens, la force du projet économique et sociétal africain, tient à deux facteurs principaux :  la résilience de ses citoyens et le talent de ses femmes.

État des lieux en Afrique

Avant de nous engager dans un diagnostic pour nous permettre des préconisations, faisons déjà un simple état des lieux.

Qui est la femme africaine ?

Mère, chercheure, salariée ou entrepreneure, elle est celle qui porte et donne différentes formes de vie.

Ainsi 3 nouveau-nés sur 4 seront africains d’ici 2100[1], et plus de 50 % de sa population active sont des femmes[2] sans oublier  qu’une entreprise sur 3 est tenue par une femme

Les statistiques de la banque mondiale le prouvent

Les femmes africaines, constituent un immense potentiel et une réelle source de croissance économique et démographique, qui font d’elles des leaders espérés. Mais qu’en est-il dans la réalité ?

[1]https://donnees.banquemondiale.org/indicator/SL.TLF.CACT.FE.ZS?end=2019&start=2019&type=shaded&view=map

2 : https://blogs.worldbank.org/fr/opendata/letat-de-lentrepreneuriat-feminin-les-statistiques-parlent-delles-memes

Persistance de certaines faiblesses

Malgré leurs sacrifices, les africaines continuent à se heurter à des obstacles coriaces, allant des croyances culturelles limitantes au poids insoutenable et injustifié de certaines lois en passant par la méfiance et le scepticisme du secteur de la finance à leur égard. Si certains blocages sont externes d’autres sont internes et propres aux femmes elles -mêmes.

Je veux parler ici de certaines peurs qu’elles continuent d’entretenir : peur de prendre le pouvoir, peur d’être trop exposée, peur d’être étiquetée mauvaise épouse et/ ou une mauvaise mère ; en somme, les africaines ont longtemps vécu tiraillées entre le syndrome de la bonne élève et celui de l’imposteur voilà pourquoi elles ont au départ refusé d’assumer leur posture naturelle de leader, faisant ainsi de leur potentiel un sujet tabou.

Émergence de nouveaux modèles

Ne noircissant pas pour autant le tableau, car les choses changent, lentement mais elles changent, le chantier des réformes politiques et économies est lancé et bien entamé, on assiste depuis plusieurs décennies à l’émergence d’une véritable élite féminine que ce soit au sein de la sphère publique que privée.

Le Rwanda est le parfait exemple en matière de réformes, avec plus de la moitié de ses parlementaires qui sont des femmes, et plus de 35 % d’entre elles qui siègent au Conseil des Ministres.

Le Mali, la Tanzanie et la Namibie sont aussi des états pionniers dans la mise en place de politiques publiques de soutien à la femme.

Depuis 2015 les rapports de la BAD, ne cessent de montrer que les efforts visant à la réduction des inégalités entre les deux genres et le soutien à l’autonomisation des femmes  prospèrent pour prouver que cela augmentait en milliards de dollars le  potentiel de production africain et stimulait  de facto le développement du continent.

Poursuivre les efforts en faveur des femmes en Afrique

Au rythme des initiatives et grâce à la constance des revendications, la représentation féminine au sein des plus hautes instances dirigeantes africaines, pourrait atteindre 30 % à l’aube de 2027 (toujours d’après les prédictions de la BAD).

Je vous entends d’ci parler de paradoxe de chiffres et d’analyses, peut-être, pour autant l’Afrique ferait-elle exception ? Non.

Le paradoxe n’est-il pas un des visages de l’originalité ?

L’Afrique est originale plus que paradoxale multi-ethnique, multiconfessionnelle, au Nord, patriarcale, au Sud, matriarcale, elle n’est pas ambivalente elle est vivante.

Progressivement les lignes dites rouges bougent.

Comment ?

  • L’éducation

La coopération internationale des États africains avec l’UNESCO a permis un meilleur accès à l’éducation pour les filles.

Le secteur de l’éducation est devenu la meilleure tribune pour exprimer la créativité africaine et la concrétiser.

  • La diversité

Ce n’est pas un secret que de vous révéler que la diversité a un impact positif certain sur la performance en entreprise et ailleurs

Les chiffres parlent d’eux-mêmes pour les grands groupes ayant joué le jeu dans certains pays d’Afrique du Nord. Algérie, Maroc, Tunisie en sont les meilleurs exemples.

 

Là où la confiance leur a été accordée, les effets positifs ne se sont pas faits attendre ; tant dans le style de management avec une hausse du taux de confiance des collaborateurs envers leurs dirigeantes et donc une diminution du turn-over de ces derniers ; que sur les résultats attendus ; avec une nette progression de la productivité, de la production et du Chiffre d’Affaires qui va avec. Banques, Tourisme, Commerce, tous les secteurs profitent de la diversité.

  • L’équilibre entre vie personnelle et professionnelle

Aider les femmes actives à concilier vie personnelle et vie active, voilà le défi de nos leaders africains. Il est temps de généraliser à mon sens, la mise en place d’un meilleur système de gestion de leurs carrières, de prendre en considération certains cycles de leurs vies comme les congés maternité, en leur offrant la possibilité de travailler à distance ; Une sorte d’aménagement du temps et du lieu du travail quand elles ne peuvent faire autrement.

Carrière et ambitions sans complexes ni jugements

Voilà le gros mot est lâché, oui elles ont droit de choisir une carrière et d’être ambitieuse.

Il faut arrêter de culpabiliser les femmes africaines qui font le choix de la carrière et non de la famille, du mariage et des enfants.

Il faut arrêter d’exclure celles qui divorcent ou celles qui ne peuvent avoir d’enfant et qui compensent par un investissement sans faille au travail.

Elles ont la capacité de le faire et le courage de l’assumer , pourquoi les en empêcher ?

À ce stade de notre analyse, il n’est pas question d’importer un schéma social non africain ou de rejeter son propre schéma , il s’agit juste de les laisser respirer et de ne pas les faire culpabiliser dès lors qu’elles se répondent pas à certaines normes sociales injustes et contre-productives.

Car si pour vous ( par vous je ne vise pas un genre , une communauté ou une croyance , mais bien  celles et ceux qui condamnent les choix faits et assumés par ces femmes ) elles n’ont pas de projet familial , vous conviendrez qu’elles ont  un plan de carrière . Pour elles la notion d’engagement professionnel prime sur l’engagement personnel.

Il faut donc sortir du paradigme femme de pouvoir, femme sans sens du devoir.

Les femmes africaines qui se sont très tôt hasardées à le faire et qui ont réussi, devraient coacher et mentorer , leurs sœurs qui en expriment la volonté et qui montrent de réelles prédisposition au leadership .

Étant convaincue que votre niveau de conscience collective l’emportera sur votre interprétation individuelle ;

Accordons nous sur le fait que le leadership féminin africain est un fait et non un objectif, Osons aussi dire que notre développement sera plein et complet lorsqu’on lui  concèdera la place qui lui revient de droit et qu’on lui accordera la confiance qu’il mérite .

Conclusion:

Je suis convaincue que le développement de l’Afrique passe inéluctablement par la voie du leadership des africaines, alors je crie à mes sœurs de continuer leur conquête en s’affranchissant des préjugés qui ont longtemps essayé de la réduire à un être fragile par ses émotions, affaibli par ses peurs face aux nouveaux défis, ne vous laissez pas attirer par la force gravitationnelle du tout masculin.

Un jour j’ai levé le doigt pendant le cours de langue de française car je trouvais injuste qu’en grammaire un seul masculin pouvait l’emportait sur la pluralité féminine de la phrase. Cela m’a value à l’époque un tour chez le proviseur pour insolence et perturbation. Devant ce dernier j’ai maintenu mes propos, cela m’a value d’écrire 100 fois je ne serai plus perturbatrice et je l’ai écrit au masculin pour marquer ma rébellion. Mes parents avaient dit à l’époque çà passera avec le temps. Nous voici aujourd’hui à parler de notre droit à la différence, à défendre notre modèle de gouvernance, à réclamer plus de confiance et d’adhésion au sein des grandes instances ; à prouver plus que les autres que nous sommes capables de fonder des familles et des entreprises, de veiller sur les premières et faires grandir les secondes sans pour autant se renier. Les leaders africains comme tout autre leader veulent être et seront reconnues pour leurs talents en affichant sans complexes leurs talons.

L’article a été rédiger Par Malak BELLOUT

Expert international en Management de Transition Ambassadrice du Cluster Digital Africa

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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