Les autorités russes échouent à bloquer l’application Telegram

Les autorités russes échouent à bloquer l’application Telegram

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Au printemps dernier, l’agence russe de contrôle des télécoms Roskomnadzor ordonnait le blocage en Russie de la messagerie Telegram, dont la direction avait refusé de fournir aux services de sécurité les moyens de lire les messages des utilisateurs. Depuis, Telegram est parvenu à contourner le blocage et reste généralement accessible sur le territoire russe, notamment grâce aux VPN. Mais la classe politique a été sommée de donner l’exemple et s’est retirée du réseau.

De notre correspondant à Moscou,

Guerman Klimenko, alors conseiller du président Poutine en charge du développement d’Internet, avait indiqué que les fonctionnaires de l’Etat devaient cesser d’utiliser Telegram une fois rendue la décision de justice. Privilégier d’autres applications comme Viber.

Toujours bien présente sur l’Internet russe

La consigne a été suivie par les députés et ministres. Pourtant, Telegram était un moyen de communication très apprécié par le personnel politique. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, s’adressait par exemple directement aux journalistes via cette messagerie. Les chaînes d’information qui y circulent captent un public qui n’est pas celui qui s’informe par la télévision.

L’atout de Telegram, c’est l’instantanéité. Il y a quelques jours, une violente explosion a fait près d’une quarantaine de morts à Magnitogorsk. Les développements ont été très suivis sur Telegram et le gouverneur de la région lui-même informait la population via ce réseau.

En dépit du blocage, la messagerie n’a donc pas disparu de l’Internet russe. Car son utilisation n’est pas interdite. Beaucoup de chaînes diffusent du contenu humoristique, mais Telegram demeure aussi un relais d’information pour les citoyens critiques du pouvoir.

Evgueni Roïzman, l’ancien maire d’opposition d’Ekaterinbourg, continue d’y être très actif. Plus surprenante est également la présence de Margarita Simonyan, rédactrice en chef de Russia Today, fidèle au pouvoir.

Un instrument de communication aussi pour les clans au pouvoir

Le média indépendant Proekt a publié fin novembre une enquête très intéressante sur la manière dont l’élite politique russe utilise Telegram. Celle-ci détaille la manière dont des clans politiques et financiers travaillent leur influence et diffusent leurs informations.

Le journaliste explique qu’avant l’élection présidentielle de 2018, il s’agissait pour le pouvoir de diffuser du contenu fallacieux destiné à discréditer l’opposition, en particulier Alexeï Navalny.

Depuis la réélection de Vladimir Poutine, les penseurs du Kremlin seraient moins intéressés par Telegram, qui serait aujourd’hui davantage un lieu d’affrontements entre différents clans. Des règlements de compte anonymes qui n’éclairent pas vraiment un monde politique particulièrement opaque.

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