Stein, dernière version de la plate-forme d’infrastructure open source Openstack, fait l’objet de plusieurs mises à jour concernant la fonctionnalité des conteneurs, l’informatique edge et le réseau. Elle améliore aussi le provisionning bare metal et bénéficie d’une intégration plus étroite avec la plate-forme Kubernetes, notamment utilisé par le CERN, l’Organisation européenne pour la recherche scientifique. Cela fait aussi un an environ que la Fondation Openstack s’est engagée dans la création d’un label plus global pour chapeauter l’open source, avec la mise en place d’une organisation mère dénommée Open Infrastructure Foundation. En 2018, Openstack lui-même a totalisé plus de 65 000 contributions au code, avec une moyenne de 155 add-on par jour pendant le cycle de Stein.

Magnum, l’installeur certifié de Kubernetes, peut désormais lancer des clusters de containers beaucoup plus rapidement que les itérations précédentes, passant d’environ 10 à 12 minutes par nœud à cinq minutes par nœud. L’intégration a été améliorée grâce à une collaboration accrue entre les deux grosses plates-formes open source, tant du côté du développement d’Openstack que de celui de Kubernetes, notamment à travers le service « Openstack Cloud Provider » de Kubernetes. « Tout cela a pu se produire l’an dernier grâce à l’engagement en amont dans la communauté Kubernetes », a expliqué Jonathan Bryce, directeur exécutif de la Fondation Openstack. « Le service Magnum d’API Openstack a pris en charge ce travail et il a parallélisé l’exécution des actions de provisioning, de sorte que, au lieu de demander un cluster Kubernetes à cinq nœuds, on peut demander un cluster Kubernetes à 50 nœuds, et celui-ci peut faire tourner les machines en parallèle et lancer un environnement beaucoup plus rapidement ».

Des contributeurs-utilisateurs

Le CERN, qui exploite depuis longtemps un environnement Openstack à grande échelle, était devenu l’un des principaux contributeurs de Magnum, dont il pilote le projet. Selon Jonathan Bryce, cette implication des utilisateurs signifie que les intégrations les plus abouties sont conformes aux besoins des principaux utilisateurs du service. Une autre amélioration de Stein pilotée par un utilisateur, le géant du jeu Blizzard, concerne le service de clustering Senlin. Les API de ce service émettent désormais des pannes synchrones en cas de problèmes de clusters ou de nœuds, de refroidissement ou de conflits au niveau du service. « Blizzard a dirigé le projet pendant plusieurs cycles et, de toute évidence, ses équipes ont aussi beaucoup contribué à Senlin au fil des années », a encore déclaré le directeur exécutif de la Fondation Openstack. « Leur environnement comportait plusieurs datacenters et plusieurs clouds Openstack, et Blizzard voulait avoir la possibilité d’étendre et d’automatiser ses opérations à travers ces environnements ».

Des améliorations ont également été apportées au service de réservation de ressources Blazar. Grâce à sa nouvelle API d’allocation de ressources, il peut offrir aux opérateurs une visibilité sur leurs ressources clouds réservées. Par ailleurs, un projet, dénommé Placement, qui est une émanation du service de traitement Nova, promet de simplifier la désignation d’un hôte pour la migration des charges de travail. Selon la fondation, ce projet accroît les performances de l’API « de 50 % » pour les opérations d’ordonnancement communes. Le service d’identité Kolla a également été amélioré pour mieux gérer les tickets d’authentification multifactorielle, et Kolla supporte désormais les sauvegardes complètes et incrémentielles de MariaDB.

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Des serveurs bare-metal très demandés

Dans un communiqué, Mohammed Naser, CEO de Vexxhost, une entreprise spécialisée dans les services cloud sous Openstack, a déclaré que l’ensemble de ces améliorations montrait que la plate-forme d’infrastructure open source était beaucoup plus simple à déployer et à exploiter, en particulier du point de vue des opérateurs. « Le niveau de stabilité a considérablement augmenté… C’est très intéressant parce que, quand nous commençons à utiliser la dernière version à mesure de sa disponibilité, l’une de nos plus grandes préoccupations est de ne pas perturber les clients qui utilisent ces API. Je pense aussi que la communauté des opérateurs a été beaucoup plus impliquée. Le résultat indirect, c’est qu’il n’y a plus cet écart étrange entre les développeurs et les opérateurs, et les ajouts sont réalisés de manière très responsable, afin d’éviter les ruptures ».

Jonathan Bryce a insisté sur les améliorations de l’Ironic bare metal, dont l’évolution a été très progressive dans les dernières versions et « qui permet désormais aux utilisateurs de gérer les serveurs physiques de la même manière qu’ils gèrent les serveurs virtuels », a-t-il expliqué. En d’autres termes, ils sont beaucoup plus rapides et conviviaux que ce que l’on pourrait attendre de la gestion de serveurs physiques, et ils offrent également plus de capacités d’automatisation et d’évolutivité. « Les serveurs physiques ne répondent pas forcément aux besoins de toutes les charges de travail. De même pour les serveurs virtuels. Le fait qu’Openstack puisse offrir une solution de provisionnement et de gestion des deux types de ressources est très précieux », a-t-il déclaré.

Rapprocher les projets open source

Selon Thierry Carrez, VP de l’ingénierie chez Openstack, le label Open Infrastructure favorise déjà la collaboration avec d’autres utilisateurs et projets hors de sa sphère d’influence. « Lors des premières journées Open Infra, qui remplacent les anciens Openstack Days, nous avons pu constater la forte présence de communautés adjacentes », a-t-il déclaré. « Ces événements nous permettent de voir que ces communautés viennent pour collaborer et discuter des points d’intégration. Elles ne viennent pour parler de leurs technologies, ni dans un esprit défensif, comme ce pourrait être le cas d’une conférence Openstack… En terme de label, les effets sont donc positifs, et nous pensons vraiment que lors du prochain Open Infrastructure Summit qui aura lieu du 29 avril au 1er mai à Denver, Colorado, nous retrouverons ce même esprit. L’idée est vraiment de faciliter le développement ouvert des infrastructures ouvertes et non de mettre en avant un projet ou un autre, avec le souci de faire en sorte que l’infrastructure ouverte fonctionne vraiment pour les utilisateurs ».