Tunisie : un an après le Startup Act, 12 premières start-up labellisées

Les fondateurs de douze jeunes pousses tunisiennes ont reçu de la part du Premier ministre les premiers labels « Startup Act », qui leur permettront n

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Les fondateurs de douze jeunes pousses tunisiennes ont reçu de la part du Premier ministre les premiers labels « Startup Act », qui leur permettront notamment de bénéficier d’avantages fiscaux et d’un fonds de garantie.

Youssef Chahed, le chef du gouvernement, et le ministre des Technologies de l’information et des communications (TIC), Anouar Maarouf, ont reçu le 5 avril les lauréats du premier label « Startup Act », en vertu de la loi du même nom votée le 2 avril 2018 par le Parlement tunisien, après une collaboration étroite entre les politiques et l’écosystème des start-up.

« L’État prendra en charge les procédures et frais d’enregistrement des brevets au niveau national et international. Pour nous, qui en avons déposé deux, c’est primordial », se félicite Khaoula Ben Slimane, cofondatrice de Vitalight Lab, qui produit des microalgues dans des bioréacteurs. Son mari, Ilyes Gouja, table aussi sur la « visibilité » de ce label pour accélérer la levée de fonds de 3 millions de dinars (863 000 d’euros) auprès d’investisseurs qui, grâce au nouveau fonds de garantie prévu par la loi, verront leur risques financiers grandement réduits.

Anis Ghorbel, cofondateur de Medilsys, fournisseur de systèmes d’information pour les établissements de santé, notamment dans le domaine des soins intensifs, met en avant les avantages fiscaux : « La prise en charge par l’État des charges patronales et salariales ainsi que de l’impôt sur les sociétés, c’était nécessaire pour les start-up qui débutent sans mise de départ. L’exonération de l’impôt sur la plus-value et les déductions fiscales pour les investisseurs devraient rendre le financement des start-up encore plus attractifs. Cette loi ouvre la voie en supprimant les barrières d’entrée. Elle met la Tunisie au niveau de ce qui se fait à l’international. »

Un congé pour création de start-up

Les dirigeants des deux sociétés primées se réjouissent également de la possibilité d’ouvrir un compte en devises sans autorisation préalable de la Banque centrale de Tunisie. Un outil indispensable pour conquérir les marchés étrangers, ce qui est l’essence même d’une start-up. La faiblesse du plafond, 100 000 dinars (29 500 euros) via la carte technologique, fait cependant grincer quelques dents.


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Outre ces mesures utiles mais assez classiques, la Startup Act présente de véritables nouveautés au niveau mondial, comme le congé pour création de start-up ou encore la bourse de start-up qui permet à un jeune diplômé ou salarié de ne pas perdre tous ses avantages et revenus antérieurs et de percevoir entre 1 000 et 5 000 dinars par mois pendant une année.

Invité d’honneur, le Tunisien installé en France Ahmed Mhiri, à l’origine de la success story TravelCar – plateforme d’autopartage -, s’est dit « impressionné par un texte où l’on sent la patte des entrepreneurs ».

Un collège de 9 experts

Reste à transformer l’essai. Pour cela, il faudrait que plus d’une centaines d’entreprises obtiennent ce label dans les douze mois à venir, estime Noomane Fehri, qui était ministre des NTIC, lorsque cette loi a été impulsée. Ce dernier note avec satisfaction que, « pour une fois », la continuité de l’État a primé. Le dirigeant de l’incubateur B@Labs se veut néanmoins vigilant sur les mécanismes de financement, notamment le fonds de fonds dédié aux start-up : « Je pense qu’il y avait des mécanismes plus faciles à mettre en œuvre, commente-t-il. C’est un choix respectable, mais il faudra s’assurer que l’argent soit accessible immédiatement pour les start-upers ».

Afin d’obtenir le Graal, les jeunes entrepreneurs doivent poser leur candidature sur un site unique, startupact.tn. La plateforme a été en partie réalisée par les start-upers eux-mêmes, du fait du manque de moyens de l’État, ce qui a ralenti considérablement sa mise en place. Un retard qu’a concédé Youssef Chahed lors de la cérémonie, admettant que le processus aurait dû être achevé plus rapidement.

L’obtention ou non du label est ensuite décidée par un collège de 9 experts présidé par Elyes Jeribi, directeur général de Jumia Tunisie et Algérie. Cinq critères entrent en jeu : il faut que l’entreprise ait été créée depuis moins de huit ans ; qu’elle emploie moins de 100 salariés et réalise un chiffre d’affaires de moins de 15 millions de dinars ; que son capital social soit détenu à plus de 66 % par des personnes physiques, des organismes d’investissement ou des start-up étrangères ; et enfin que son modèle économique soit innovant et cible un marché grand et homogène.

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