Microsoft a validé la mise à jour de fonctionnalités 1809 de Windows 10, et fait savoir aux clients professionnels que cette version d’automne à l’origine de nombreux problèmes est désormais prête pour un déploiement à l’échelle de l’entreprise. L’annonce faite mercredi intervient quelques semaines avant le déploiement de la mise à niveau suivante au grand public et aux petites entreprises. « Sur la base des données et des retours d’information des utilisateurs, des équipementiers, des éditeurs de logiciels indépendants, des partenaires et des clients, la version 1809 de Windows 10 est apte à un déploiement généralisé », a écrit John Wilcox, un évangéliste Windows as a Service (WaaS), dans message posté dans un blog de l’entreprise.

Windows 10 1809, selon le système de nommage au format année/mois de Microsoft, a été livré pour la première fois le 2 octobre 2018. Cependant, après quelques jours, l’entreprise a dû suspendre sa diffusion, reconnaissant que certains utilisateurs avaient perdu des fichiers pendant le processus de mise à niveau. Le 13 novembre, Microsoft a très prudemment ressorti une nouvelle version 1809, mais l’éditeur a attendu la mi-janvier avant de remettre en route l’installation automatique. Au total, la version 1809 a décalé de trois mois le processus de mise à jour. Répondant au message de John Wilcox, un commentateur a simplement écrit : « Il était temps ». Il faut remonter à novembre 2015 pour retrouver un tel retard dans les mises à niveau – 150 jours – contre 135 jours cette fois entre la reprise du 13 novembre et le passage au niveau « Business Ready », un terme que Microsoft a cessé d’utiliser. Ce retard a également dépassé la moyenne de 101 jours pour les cinq mises à niveau précédentes.

Vérification laborieuse

Les deux dernières mises à jour de fonctionnalités de Microsoft ont mis en évidence les aléas de son calendrier prétendument établi. L’an dernier, l’Update 1803, c’est à dire Windows 10 d’avril 2018 – a été jugé prêt pour déploiement général 45 jours seulement après son introduction. La version suivante a mis deux fois et demie plus de temps pour atteindre ce statut. Il n’est donc pas surprenant que Microsoft ne se soit pas vantée – comme elle l’avait fait en juin 2018 pour la version 1803 – de l’usage de technologies d’intelligence artificielle (IA) maison pour « repérer rapidement les problèmes pendant le déploiement… », et de sa capacité « à aller plus vite de façon responsable ».

Même si Microsoft a donné le feu vert pour le déploiement de la version 1809, un nouvel obstacle à la mise à jour s’est ajouté à cette liste déjà longue. « Microsoft a identifié des problèmes avec certains nouveaux pilotes d’affichage d’Intel livrés par inadvertance à des OEM, lesquels ont accidentellement activé des fonctions non prises en charge par Windows », a indiqué la firme de Redmond dans le document de support de l’Update 1809. Au bout du compte, les PC sous Windows 10 ayant reçu ces pilotes Intel seront exclus de la mise à niveau de fonctionnalités 1809.

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Simplifier les mises à jour

John Wilcox avait également de bonnes nouvelles pour les entreprises clientes, les rassurant en particulier sur le fait que Microsoft continuerait à valider les statuts des versions. « Pour les prochaines versions, nous continuerons à indiquer à quel moment une version prête à passer du statut de déploiement ciblé au statut de déploiement à grande échelle », a-t-il écrit dans son court message. Le mois dernier, Microsoft a fait planer un doute à ce sujet en annonçant une simplification de la nomenclature de service de Windows 10 à partir de la version 1903 d’avril et l’abandon de la référence « Canal semi-annuel (ciblé) » ou « Semi-Annual Channel (Targeted) » pour SAC-T, utilisée au moment de la sortie de chaque nouvelle mise à jour de fonctionnalités.

Ce n’est pas tant la disparition du SAC-T qui a perturbé les utilisateurs de Windows 10 et les administrateurs IT des entreprises, mais la fin de la distinction entre « prêt à consommer » et « prêt à fonctionner », et l’annonce de la simplification du SAC (Semi-Annual Channel) qui servait de repère entre les deux. « Windows 10 n’est pas prêt à fonctionner le premier jour où il apparaît dans Windows Update », a fait remarquer Susan Bradley, consultante en réseau informatique et sécurité, qui anime également la liste de diffusion PatchMangement.org. « Alors que Microsoft regarde la télémétrie, réagit aux problèmes, bloque les notifications, même eux reconnaissent implicitement que la version n’est pas prête pour l’entreprise ».

Mauvaise volonté manifeste

Comme d’autres, Susan Bradley voudrait que Microsoft informe les utilisateurs sur la fiabilité de chaque mise à jour de fonctionnalité. Mais il semble que l’éditeur ne soit pas de cet avis. Quand nos confrères de Computerworld ont demandé à Microsoft si l’entreprise continuerait à faire des déclarations écrites comme celles de mercredi, un représentant de Microsoft a simplement répondu : « Les entreprises devraient définir leur report en fonction de la date de la SAC ». Soit, le contraire de ce qu’a déclaré John Wilcox.

La question de savoir si la version 1809 est vraiment prête est toujours à l’ordre du jour. La semaine dernière, Susan Bradley et Woody Leonard, chroniqueur de Computerworld, ont posé tous deux des questions sur la pertinence de la mise à niveau, soulignant les bogues non encore corrigés et le peu d’enthousiasme manifesté par Microsoft pour les corriger. Autre point incertain : certains se demandent comment Microsoft va gérer la concomitance des mises à niveau de fonctionnalités 1809 – tout juste déclaré bonne pour le service – et 1903, dont l’arrivée est imminente. Sur ce point, John Wilcox et Microsoft sont restés silencieux.